La difficulté de s’accepter
19 septembre 2016 Sandra Lacombe

La difficulté de s’accepter

Publié dans Amour & estime de soi, Blogue, Contrôler mes émotions

Après plus de 40 ans à travailler ma maturité, à travailler à me retrouver et à m’aimer vient le temps de dire que mon chemin n’est pas terminé. Non pas que j’en suis surprise, mais je me serais dit qu’à mon âge, j’étais capable d’accepter la plupart de mes traits physiques ou, du moins, le pensais-je!

J’en suis venu à réaliser que, bien que j’arrive à accepter mes traits physiques, je crois que les regards extérieurs ont toujours une certaine emprise sur moi. Et, j’ai réalisé ceci il y a quelques semaines.

Depuis quelques années, je songe à cesser de me teindre les cheveux. Je déteste me teindre les cheveux. Mes cheveux sont naturellement noirs et, pour celles qui connaissent les résultats post-teinture noire sur le cuir chevelu, ce n’est pas du gâteau! Je n’aime pas savoir ma tête remplie de ce produit chimique, je n’aime pas l’effet peu naturel du noir sur mes cheveux, je n’aime pas voir mes cheveux s’abîmer mois après mois… Mais, j’aime bien ma couleur naturelle. Je n’ai jamais voulu avoir les cheveux d’une autre couleur. Mais, voilà que la sagesse se fait voir. Le blanc a pris le dessus sur le noir et j’ai maintenant un tas de cheveux blancs qui poussent sous le noir. Vous n’imaginerez jamais ce que je vais vous dire, mais j’aime aussi mes cheveux blancs. Vraiment. Je me sens bien de savoir que j’aurais les cheveux tout blancs d’ici quelques années, malgré mon jeune âge. (En fait, je serai toujours jeune dans ma tête.) Si j’avais le choix, je garderais volontiers mes cheveux noirs, mais je n’en fais pas un drame.

Mais, alors où est le problème?

La réaction des autres. Parfois, elle ne me dérange pas et parfois elle m’atteint. Je vois bien d’où provient cette hantise des cheveux blancs. Ce monde où seule la jeunesse égale le bien-être est horripilé à l’idée de vieillir. Ce n’est pas bien vieillir. Vieillir c’est être inapte. On ne glorifie pas la sagesse suffisamment, on la dénigre amplement. La fascination que porte la culture à la beauté éternelle est mauvaise en soi, mais personne ne semble réagir à la problématique. Alors, lorsque j’informe les autres de mon choix de ne plus me teindre les cheveux, on me lance des regards dégoûtés croyant que je devrais faire comme les autres pour garder mon air jeune. La vérité de ce regard exprime ceci :

Tu ne vas tout de même pas t’accepter tel que tu es? Crois-tu vraiment que tu seras plus heureuse ainsi? Ne deviens pas toi. Tu n’es pas assez bien. Tu n’es pas belle au naturel. Sois quelqu’un d’autre. Décore-toi pour suivre la masse. Porte les mêmes vêtements, les mêmes bijoux, aie la même attitude, la même façon de voir les choses de la vie. Ne sois pas différente!!

Et, c’est là, lorsque j’entends à l’intérieur de moi le message sous-jacent, que je vois la folie de la masse. La tristesse de la société. Le mal d’une culture entière. Je le vois. Je m’en éloigne pour devenir moi. Je m’en éloigne pour me trouver, pour trouver qui JE SUIS. Mais, parfois, ces regards dégoûtés me font mal et j’hésite pour ensuite me parler et voir que c’est cette douleur qui nous manipule tous si bien qui parle au travers d’eux.

C’est là que je réalise que l’ultime version de moi existe, mais que je dois m’y consacrer jour après jour. Je ne suis pas dur envers moi-même. Je m’aime et j’accepte mes difficultés. Et, c’est ainsi que jour après jour je grandis. Hors de la culpabilité, hors de l’apitoiement et hors de la victime en moi. Et, lorsque j’ai de la difficulté à m’aimer de manière ultime, je souris à la fin de la journée et je m’offre l’amour que si peu de gens savent trouver en eux. Ces pauvres gens n’arrivent pas à voir ma beauté, car ils n’arrivent pas à voir la leur. Je ne peux donc pas leur en vouloir. Ils n’ont pas cet amour en eux. Ils sont incapables de voir leur beauté naturelle, comment pourraient-ils voir la mienne?

À tous, je vous offre l’amour, je vous dis que vous êtes beaux et j’espère que vous prendrez soin de votre temple.

SIGNATUREmoiultime

Comments (2)

  1. Jocelyne 1 année ago

    Quel beau texte ! Je pense comme vous, comme vous j’ai cessé de me teindre les cheveux il y a quelques années et on m’a même dit : « Tu n’as pas le goût de paraître plus jeune ? » Pourquoi ? J’ai l’âge que j’ai, j’ai des cheveux blancs, des rides, une peau qui suit la gravité et surtout l’expérience de vie qui va avec mes années. Je n’ai pas le goût de tricher, j’ai le gout d’être naturelle, d’être moi. C’est le seul corps que je possède dans cette vie et je veux en prendre soin sainement. S’aimer, se trouver beau en dehors comme en dedans, c’est un pas de plus vers … la sagesse. 😉

    Merci pour votre texte qui nous amène vers une belle réflexion.

    1. Sandra Lacombe 1 année ago

      Voilà! C’est ça s’aimer. C’est être capable de vivre selon nos désirs et de respecter les désirs des autres. Quand on se sent bien, on ne ressent pas le besoin de regarder les autres avec un œil réprobateur. On comprend leurs désirs et on les respecte, car intrinsèquement on sait ce que c’est que de vouloir être soi-même, alors on laisse les autres vivre leur vie avec compassion et compréhension.

      Cette société s’est oubliée. Ce sont des gens, comme vous, qui sauront laisser une trace positive sur celle-ci. 🙂

      Merci de me lire, je l’apprécie sincèrement…
      Sandra xx…

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